Encore une prise de bec avec ma mère, je fais le sourd, claque la porte, pour oublier je ricane avec mes potes en tapissant un mur, le visage plongé dans les étoiles, noyé dans ma gamberge, je cherche une île, une berge, ou au moins un bout de bois, Je me sens, comme une bouteille à la mer, je vais où le flot de la vie me mène loin de tout, même de ma mère, la vie m'a offert la solitude de Robinson, je voudrais repeindre ma vie, mais je ne trouve pas le bon pinceau, certains ont fait le grand saut, mariés, des enfants, nous sortent leurs discours de réussite, leur vie est mieux qu'avant, c'est ce qu'ils disent...
Je vois de la lassitude dans leur regard, mais eux au moins ont essayé de sortir de leur brancard, moi, j'ai l'impression d'avoir raté des tas de trains, pourtant je n'ai jamais quitté le quai, le temps va soufflé sur ma vingtième bougie, j'en suis même pas sur, je suis toujours dans le même logis, dans la même logique, le piano des Feux de l'Amour pour me réveiller, brailler, je le fait pour un rien, pour me calmer j'écris, d'autres roulent...
Une femme, des fois je me dis que c'est la pire arnaque de la vie d'un homme, certains disent qu'une d'elle un jour viendra éclairer mon ombre, J'espère le voir de cet angle, pour l'instant les couteaux que j'ai sur mes omoplates ont des traces de rouge à ongle, mais bon la vie faut la vivre, donc je la vis, fuis les vitres brisées de mon existence, continue navigue, même dans le vide je vire à tribord, prends la fuite, à travers mes lignes te décris mes rides, me construit un mythe, oblige, Je sens que mon pouls ralentit, mais il faut que je laisse une trace d'un mec honnête ou d'un gros bandit, rien à foutre, faut que je prouve que j'ai été vivant, si tu penses que je dois voir un psy, dis-toi que je n'ai que les mots comme divan...
Maman la marrée est haute, et je me laisse emporter par les vagues, elles sont trop fortes, je voudrai te dire que je t'aime mais j'ai trop le trac, marque mon front de ton sourire, s'il te plait oublie toutes les fois où je t'ai fait souffrir, Je sais que l'effort est une force que je maitrise peu, et je sais aussi que c'est le parapluie qu'il faut quand sur tes joues il pleut, mais dans ma tête j'entends des coups de flingue incessants, un braconnier a laissé des plumes de colombe, plein de sang, je 'voulais apprendre à donner, j'ai appris à tout manger, apprendre à pardonner, j'ai appris à me venger, je voulais apprendre à aimer, j'ai appris à haïr, je ne voulais pas ramer, je l'ai fait, avec un gros navire, j'ai voulu éviter la pluie, je l'ai affrontée en t-shirt, je la voulais pour la vie, je ne l'ai eue que pour un flirt...
Je me sens, comme une bouteille à la mer, noyé dans les vagues de la mélancolie de la vie...